La maladie
de la famille M
Contrairement à « Gêne 01 » ou « Peanuts », « La maladie de la famille M » n’est pas une pièce politique, ni un pamphlet anti-capitaliste. C’est une pièce narrative, qui parle de notre humanité, où l’on peut scruter nos maladies de l’âme, en observant la détresse et le manque de communication des membres d’une famille italienne pauvre et désemparée. A travers cette narration l’humour persiste et prédomine malgré le côté dramatique de l’œuvre.
Nous sommes en contact avec une pièce engagée, où l’auteur nous donne à voir une famille socialement pauvre vivant dans la périphérie d’une grande ville, dans ce qu’on appelait avant la campagne. Frappé par la mort, dans des circonstances assez troubles, de Madame M, chaque membre de la famille, Luigi, Maria, Marta, et Gianni tente de poursuivre sa vie avec ce deuil à faire. C’est par le médecin de famille que nous nous immisçons dans l’intimité de toutes ces personnes et de leurs entourages, Fulvio et Fabrizio. Chacun des personnages de la famille devra survivre à la mort de la mère pour vivre à nouveau.
Dans cette quête de la vie personne ne laisse indemne ses proches, et chacun d’entres eux se réfugie dans des comportements, dans des actes nouveaux qui les redéfinissent au sein même de leur famille. Enfermés dans leur histoire, sur cette scène s’expriment leurs vices, leurs peurs, leurs violences, leurs rapports de force. En final chacun s’en sort comme il peut.
Luigi, le père est atteint de troubles de la mémoire, peut-être pour oublier une certaine réalité. Marta s’occupe de tout le monde, de manière excessive, en s’oubliant elle-même. Maria tombe dans la consommation de garçons et d’avortements, tandis que Gianni veut comprendre ce qui se passe chez lui, en lui, mais sans y parvenir. A l’inverse le médecin, Fabrizio, et Fulvio sont sans famille, ou vivent tels quels et cherchent la chaleur des autres, pour fuir la solitude et la peur d’eux-mêmes.
Cette pièce pleine d’humour et d’humanité parle essentiellement de nos sociétés, de comment la politique conditionne nos vies, et façonne nos existences. Mon parti pris sera de faire l’analyse des comportements de ces personnes, car ils sont la représentation de notre monde, et en cela cette pièce est un témoignage politique de nos conditions. Je travaillerai sur la réalité qui entoure ces personnages car elle dépasse toujours notre entendement. J’éviterai en revanche toute forme de réalisme qui consiste à imiter, à banaliser la réalité, à uniformiser les êtres. La réalité est pour moi plus forte que l’imagination et va toujours plus loin de l’idée que l’on peut s’en faire. Je m’attacherai à comprendre comment fonctionne cette famille et à la représenter en étant proche de l’auteur, porteur de ses mots sans fioriture aucune, pour faire entendre sa pensée, son témoignage.
Texte
Fausto Paravidino
Mise en scène
Laurent Meininger
Avec
Eva Zink
Fabien Grenon
Jeanne François
Damien Vigouroux
Tanguy Trillet
Luc Chareyron
Ewen Gloannec
Scénographie
Mathieu Desailly
Lumière
Renaud Lagier
Son
Bruno Bumbolo
Régie générale
Bruno Bumbolo